Jusqu’en enfer, de Sam Raimi


Aïe…Ouyouyouille…il faut m’excuser, mais mon occiput porte encore les stigmates d’un combat acharné avec le plafond de la salle de projection, effet collatéral dû aux sursauts incessants que m’a causé le dernier bijou horrifique de Sam Raimi. Un instant, il me faut prendre mes pilules anti-palpitations…


Une révélation pour ceux qui ne vont que très peu dans les salles obscures : il y eut un Sam Raimi qui n’avait pas encore (superbement) réalisé la saga Spider-Man. En effet, c’est ici Evil Dead-Man qui nous revient, en chair et sans os. Ou de l’art de ne plus avoir le début de la moindre envie de refuser un prêt à une dame âgée…


Car c’est l’erreur que va commettre Christine (Alison Lohman, remarquée dans Les Associés), qui est à mi-chemin entre la biche apeurée et l’oie blanche sournoise-tête-à-claques…et ainsi va se retrouver maudite, mais alors de la malédiction de première bourre, avec harcèlement pendant trois jours débouchant sur une damnation manu capri… Et le vil Raimi de faire lâcher les pace-makers de France et de Navarre par des artifices vieux comme Romero, mais magnifiés par les moyens audio-visuels modernes (mon royaume pour une réédition en salles de Shining…), tels que des images horrifiques qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues, des clinquements de divers ustensiles de cuisine, des musiques horrifiquement horrifiantes à souhait, évoquant tant L’Exorciste que le générique d’X-Files, et surtout…SURTOUT…LORNA RAVER, qui ferait s’oublier Vin Diesel et le Terminator réunis…



Cette dame vaudrait qu’on lui consacre tout un ouvrage : très rarement on aura recensé une figure horrifique aussi vomitivo-horripilante, tant pro- que post-mortem…elle suscite à elle seule, à chacune de ses apparitions, la figure artistique bien connue des amateurs d’horreur dite de la « dissimulation sous coussin » ou, à défaut, sous un bout de sweat-shirt…Quelle splendeur dans cette face pleine d’asticots ! Quel ravissement lorsqu’un cadavre avéré crache son liquide d’embaumement sans techniquement esquisser le moindre geste ! Quel bonheur lorsque le bras d’une morte s’enfonce jusqu’au delà du coude dans une bouche bien vivante ! (mais si, mais si, ma santé mentale est parfaite…) On souhaite presque que cette grande actrice s’arrête là dans ce registre, pour ne pas se laisser tenter dans un éventuel futur film similaire par le démon de l’auto-caricature…


En sortant de la salle, on ne sait si on a été jusqu’en Enfer, mais on pense lui avoir dit quelques mots…

Aïe…Fichu occiput…


Cyril Schalkens


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