Sunshine Cleaning


SUNSHINE CLEANING


Réalisé par Christine Jeffs
Avec Amy Adams, Emily Blunt et Alan Arkin




Sunshine Cleaning est certainement le bon « feel-good movie » à aller voir à l’arrivée de l’été. Le film, petit cadet de la nouvelle famille du cinéma US indépendant (Juno, Little Miss Sunshine…), apporte quelques rayons de soleil et donne un boost salvateur au moral. Entre drame familial et comédie modeste, Sunshine Cleaning fait le portrait d’une Amérique moderne qui travaille, qui s’entraide et qui n’exclut pas.

Il faut dire que la famille Lorkowski est assez barrée. Rose (Amy Adams), femme de ménage et mère d’un petit Oscar rêveur, gagne piètrement sa vie. Norah (Emily Blunt), sœur de Rose, est au chômage et crèche chez son père, Joe (Alan Arkin), qui essaye tant bien que mal de fructifier un étrange commerce de crevettes. Dans Sunshine Cleaning, tout comme dans Little Miss Sunshine, la famille avec un grand F, représente l’union de personnes séparées par leur tempérament. Rose, ancienne pom-pom girl s’oppose à Norah, jeune femme maladroite. Quand les deux sœurs, à cours d’argent, montent « Sunshine Cleaning », une entreprise de nettoyage de scènes de crime, le pur burlesque anime le film. Répliques réjouissantes, cocasseries et comique de situations s’enchaînent ; Oscar lèche les murs, Rose débarque dans une fête pré-natale inquiétante, Norah bute sur un lit couvert de sang, Joe, joué par le génial Alan Arkin, argumente en espagnol. Si le film privilège la bonne humeur portée par la jolie Amy Adams, il en ressort pour le moins une certaine tristesse noire où le drame disloque la famille. Sunshine Cleaning semble alors se livrer à une grisaille presque omniprésente que la famille Lorkowski ne parvient pas à défaire et partage alors sa part de (petites) émotions ; rupture et mélancolie trop rhétorique assombrissent.




Pourtant, les producteurs de Little Miss Sunshine, ne déroge pas à leur leitmotiv : faire du malheur quelque chose de risible, comme lorsqu’Oscar rencontre Winston, tenant d’une boutique de décapants d’hémoglobine et handicapé d’un bras. Sunshine Cleaning lutte contre toute forme de préjugés et se moque d’une société trop conservatrice, en chargeant la bourgeoisie traditionaliste et en livrant un grand message idéaliste de solidarité – la débridée Juno portait déjà un message pro-adoption/ pro-avortement… Norah est absolument non-conformiste, Oscar est renvoyé d’une école trop stricte, Joe est un septuagénaire roublard en mal de reconnaissance, quant à Rose, elle écume échecs social et sentimental. Finalement, le film peint une Amérique minoritaire et moyenne, celles des exclus. Sunshine Cleaning, en plus de dépeindre une galerie de personnages étonnants, multiplie les clins d’œil à Little Miss Sunshine : le post-it anti-loose de Rose rappelle les 6 points du winner de Richard. Alan Arkin, trop absent, refait une apparition moindre dans le rôle d’un grand-père farfelu. Mais s’il se veut aussi frais et lumineux, ce Sunshine là, qui laisse sur sa fin, est plutôt terne.

Roseline Tran





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